
Bienvenue sur mon blog la licorne
vous y trouverez un peu de tout pour rever et passer un bon moment,des poésies,du fantastique,des splendides photos,quelques vidéos et de la spiritualité
Féerie
licorne
les cheveux sauvages
vive la liberté
mercredi 29 août 2007
mercredi 22 août 2007
photo de crop circle
mardi 21 août 2007
La Colère de Samson poéme Alfred De Vigny

La colère de SamsonLe désert est muet, la tente est solitaire.Quel Pasteur courageux la dressa sur la terreDu sable et des lions? - La nuit n'a as calméLa fournaise du jour dont l'air est enflammé.Un vent léger s'élève à l'horizon et rideLes flots de la poussière ainsi qu'un lac limpide.Le lin blanc de la tente est bercé mollement ;L'oeuf d'autruche allumé veille paisiblement,Des voyageurs voilés intérieure étoile,Et jette longuement deux ombres sur la toile.L'une est grande et superbe, et l'autre est à ses pieds :C'est Dalila, l'esclave, et ses bras sont liésAux genoux réunis du maître jeune et graveDont la force divine obéit à l'esclave.Comme un doux léopard elle est souple, et répandSes cheveux dénoués aux pieds de son amant.Ses grands yeux, entr'ouverts comme s'ouvre l'amande,Sont brûlants du plaisir que son regard demande,Et jettent, par éclats, leurs mobiles lueurs.Ses bras fins tout mouillés de tièdes sueurs,Ses pieds voluptueux qui sont croisés sous elle,Ses flancs plus élancés que ceux de la gazelle,Pressés de bracelets, d'anneaux, de boucles d'or,Sont bruns ; et, comme il sied aux filles de Hatsor,Ses deux seins, tout chargés d'amulettes anciennes,Sont chastement pressés d'étoffes syriennes.Les genoux de Samson fortement sont unisComme les deux genoux du colosse Anubis.Elle s'endort sans force et riante et bercéePar la puissante main sous sa tête placée.Lui, murmure ce chant funèbre et douloureuxPrononcé dans la gorge avec des mots hébreux.Elle ne comprend pas la parole étrangère,Mais le chant verse un somme en sa tête légère." Une lutte éternelle en tout temps, en tout lieuSe livre sur la terre, en présence de Dieu,Entre la bonté d'Homme et la ruse de Femme.Car la Femme est un être impur de corps et d'âme.L'Homme a toujours besoin de caresse et d'amour,Sa mère l'en abreuve alors qu'il vient au jour,Et ce bras le premier l'engourdit, le balanceEt lui donne un désir d'amour et d'indolence.Troublé dans l'action, troublé dans le dessein,Il rêvera partout à la chaleur du sein,Aux chansons de la nuit, aux baisers de l'aurore,A la lèvre de feu que sa lèvre dévore,Aux cheveux dénoués qui roulent sur son front,Et les regrets du lit, en marchant, le suivront.Il ira dans la ville, et là les vierges follesLe prendront dans leurs lacs aux premières paroles.Plus fort il sera né, mieux il sera vaincu,Car plus le fleuve est grand et plus il est ému.Quand le combat que Dieu fit pour la créatureEt contre son semblable et contre la NatureForce l'Homme à chercher un sein où reposer,Quand ses yeux sont en pleurs, il lui faut un baiser.Mais il n'a pas encor fini toute sa tâche. -Vient un autre combat plus secret, traître et lâche ;Sous son bras, sous son coeur se livre celui-là,Et, plus ou moins, la Femme est toujours DALILA.Elle rit et triomphe ; en sa froideur savante,Au milieu de ses soeurs elle attend et se vanteDe ne rien éprouver des atteintes du feu.A sa plus belle amie elle en a fait l'aveu :" Elle se fait aimer sans aimer elle-même." Un Maître lui fait peur. C'est le plaisir qu'elle aime," L'Homme est rude et le prend sans savoir le donner." Un sacrifice illustre et fait pour étonner" Rehausse mieux que l'or, aux yeux de ses pareilles," La beauté qui produit tant d'étranges merveilles" Et d'un sang précieux sait arroser ses pas. "- Donc ce que j'ai voulu, Seigneur, n'existe pas. -Celle à qui va l'amour et de qui vient la vie,Celle-là, par Orgueil, se fait notre ennemie.La Femme est à présent pire que dans ces tempsOù voyant les Humains Dieu dit : Je me repens !Bientôt, se retirant dans un hideux royaume,La Femme aura Gomorrhe et l'Homme aura Sodome,Et, se jetant, de loin, un regard irrité,Les deux sexes mourront chacun de son côté.Eternel ! Dieu des forts ! vous savez que mon âmeN'avait pour aliment que l'amour d'une femme,Puisant dans l'amour seul plus de sainte vigueurQue mes cheveux divins n'en donnaient à mon coeur.- Jugez-nous. - La voilà sur mes pieds endormie.- Trois fois elle a vendu mes secrets et ma vie,Et trois fois a versé des pleurs fallacieuxQui n'ont pu me cacher a rage de ses yeux ;Honteuse qu'elle était plus encor qu'étonnéeDe se voir découverte ensemble et pardonnée.Car la bonté de l'Homme est forte, et sa douceurEcrase, en l'absolvant, l'être faible et menteur.Mais enfin je suis las. - J'ai l'aine si pesante,Que mon corps gigantesque et ma tête puissanteQui soutiennent le poids des colonnes d'airainNe la peuvent porter avec tout son chagrin.Toujours voir serpenter la vipère doréeQui se traîne en sa fange et s'y croit ignorée ;Toujours ce compagnon dont le coeur n'est pas sûr,La Femme, enfant malade et douze fois impur !- Toujours mettre sa force à garder sa colèreDans son coeur offensé, comme en un sanctuaireD'où le feu s'échappant irait tout dévorer,Interdire à ses yeux de voir ou de pleurer,C'est trop ! - Dieu s'il le veut peut balayer ma cendre,J'ai donné mon secret ; Dalila va le vendre.- Qu'ils seront beaux, les pieds de celui qui viendraPour m'annoncer la mort ! - Ce qui sera, sera ! "Il dit et s'endormit près d'elle jusqu'à l'heureOù les guerriers, tremblant d'être dans sa demeure,Payant au poids de l'or chacun de ses cheveux,Attachèrent ses mains et brûlèrent ses yeux,Le traînèrent sanglant et chargé d'une chaîneQue douze grands taureaux ne tiraient qu'avec peine,La placèrent debout, silencieusement,Devant Dagon leur Dieu qui gémit sourdementEt deux fois, en tournant, recula sur sa baseEt fit pâlir deux fois ses prêtres en extase ;Allumèrent l'encens ; dressèrent un festinDont le bruit s'entendait du mont le plus lointain,Et près de la génisse aux pieds du Dieu tuéePlacèrent Dalila, pâle prostituée,Couronnée, adorée et reine du repas,Mais tremblante et disant : IL NE ME VERRA PAS !Terre et Ciel ! avez-vous tressailli d'allégresseLorsque vous avez vu la menteuse maîtresseSuivie d'un oeil hagard les yeux tachés de sangQui cherchaient le soleil d'un regard impuissant ?Et quand enfin Samson secouant les colonnesQui faisaient le soutien des immenses PylônesEcrasant d'un seul coup sous les débris mortelsSes trois mille ennemis, leurs Dieux et leurs autels ? -Terre et Ciel ! punissez par de telles justicesLa trahison ourdie en es amours facticesEt la délation du secret de nos coeursArraché dans nos bras par des baisers menteurs !
Inscription à :
Articles (Atom)



